J’ai tout perdu ! mon enfant par la mort,
Et, dans quel temps ! mon ami par l’absence ;
Je n’ose dire, hélas ! par l’inconstance :
Ce doute est le seul bien que m’ait laissé le sort.

Mais, cet enfant, cet orgueil de mon âme,
Je ne le devrai plus qu’aux erreurs du sommeil :
De ses beaux yeux j’ai vu mourir la flamme,
Fermés par le repos qui n’a point de réveil.

Comme échappé du ciel, il passa dans le monde ;
D’un ange il y montra la forme et les attraits.
Pour payer ce moment de douceur sans seconde,
Mes pleurs doivent couler pour ne tarir jamais !

Tu t’es enfui, doux trésor d’une mère,
Gage adoré de mes tristes amours ;
Tes beaux yeux, en s’ouvrant un jour à la lumière,
Ont condamné les miens à te pleurer toujours.

À mes transports tu venais de sourire ;
Mes bras tremblants entouraient ton berceau ;
Le sommeil me surprit dans cet heureux délire . . .
Je m’éveillai sur un tombeau.

Moment affreux dont je suis obsédée,
Pour vous tracer je n’ai ni force ni voix.
Faut-il le perdre, à toute heure, en idée !
Mon Dieu ! pour en mourir c’est assez d’une fois !

C’est ici, sous ces fleurs, qu’il m’attend, qu’il repose ;
C’est ici que mon cœur se consume avec lui.
Amour, plains-tu les maux où ton délire expose ?
Non, tu nous fuis, ingrat, quand le bonheur a fui.


Marceline Desbordes-Valmore

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème sélectionné au hasard.

Coloriage pour Adultes et Écriture Créative

Chaque semaine, recevez votre feuille d’activité à imprimer et de la musique relaxante. Un moment de détente aux nombreux bienfaits : réduction du stress, amélioration du sommeil, amélioration des facultés cérébrales et motrices.

Merci de me permettre de vous offrir plus de 16000 poèmes sans publicité et de la poésie sur YouTube !
Johann