Vois, ma Thaïs, cette vigne amoureuse
Se marier à ce jeune arbrisseau ;
Vois le lierre embrasser l’ormeau
De sa guirlande tortueuse.
Puissent tes bras voluptueux
Me serrer, m’enchaîner de même !
Puissé-je par autant de nœuds,
T’enlacer, te presser, te ceindre de mes feux,
Me replier cent fois autour de ce que j’aime,
Et puissions-nous enfin nous reposer tous deux
Dans l’extase du bien suprême,
Et ce calme enflammé connu des vrais heureux ! ...
Alors, ô ma Thaïs, ni les coupes riantes,
Où la gaîté pétille en bachiques vapeurs,
Ni la pompe des rangs, ni l’éclat des grandeurs,
Ne me détacheroient de tes lèvres ardentes.
Anéantis à force de sentir,
L’œil humide et chargé d’ivresse ;
Arrivés à cette faiblesse,
Le dernier degré du plaisir...
La même barque au noir rivage
Porteroit sans effort deux amans éperdus,
Et nous y serions descendus,
Avant d’avoir soupçonné le passage.


Claude-Joseph Dorat

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Johann