Ces estincelles d'or, d'azur et de cristal
Dont l'hyver, au soleil, d'un lustre oriental
Pare ses cheveux blancs que les vents esparpillent ;
Ce beau cotton du ciel dequoy les monts s'habillent,
Ce pavé transparant fait du second metal,
Et cet air net et sain, propre à l'esprit vital,
Sont si doux à mes yeux que d'aise ils en petillent.
Cette saison me plaist, j'en ayme la froideur ;
Sa robbe d'innocence et de pure candeur
Couvre en quelque façon les crimes de la terre.
Aussi l'Olympien la void d'un front humain ;
Sa collere l'espargne, et jamais le tonnerre
Pour desoler ses jours ne partit de sa main.
Marc-Antoine Girard de Saint-Amant
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