C'est ici que nous l'avons pris vivant. Comme il se battait bien nous lui offrîmes du service  : il préféra servir son Prince dans la mort.

Nous avons coupé ses jarrets  : il agitait les bras pour témoigner son zèle. Nous avons coupé ses bras  : il hurlait de dévouement pour Lui.

Nous avons fendu sa bouche d'une oreille à l'autre  : il a fait signe, des yeux, qu'il restait toujours fidèle.

o

Ne crevons pas ses yeux comme au lâche  ; mais tranchant sa tête avec respect, versons le koumys des braves, et cette libation  :

Quand tu renaîtras, Tch'en Houo-chang fais-nous l'honneur de renaître chez nous.


Victor Segalen

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