On souffre, on s'agite, on se plaint dans mon Empire. Des
rumeurs montent à la tête. Le sang, comme un peuple irrité,
bat le palais de mes enchantements.

La famine est dans mon cœur. La famine dévore mon cœur :
des êtres naissent à demi, sans âmes, sans forces, issus d'un
trouble sans nom.

Puis on se tait. On attend. Que par un bon vouloir s'abreuvent
de nouveau vie et plénitude.

Comme le Fils du Ciel visitant ses domaines, et jusqu'au fond
des prisons de sécheresse portant lumière et liberté,

Libère en moi-même, ô Prince qui es moi, tous les beaux
prisonniers-désirs aux geôles arbitraires, et qu'en grâce et
retour,

Tombent sur mon Empire les gouttes larges de la satisfaction.


Victor Segalen

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