Depuis de si longs jours prisonnier, tu t’ennuies,
Pauvre oiseau, de ne voir qu’intarissables pluies
De filets gris rayant un ciel noir et brumeux,
Que toits aigus baignés de nuages fumeux.
Aux gémissements sourds du vent d’hiver qui passe
Promenant la tourmente au milieu de l’espace,
Tu n’oses plus chanter ; mais vienne le printemps
Avec son soleil d’or aux rayons éclatants,
Qui d’un regard bleuit l’émail du ciel limpide,
Ramène d’outre-mer l’hirondelle rapide
Et jette sur les bois son manteau velouté,
Alors tu reprendras ta voix et ta gaîté ;
Et si, toujours constant à ta douleur austère,
Tu regrettais encor la forêt solitaire,
L’orme du grand chemin, le rocher, le buisson,
La campagne que dore une jaune moisson,
La rivière, le lac aux ondes transparentes,
Que plissent en passant les brises odorantes,
Je t’abandonnerais à ton joyeux essor.
Tous les deux cependant nous avons même sort,
Mon âme est comme toi : de sa cage mortelle
Elle s’ennuie, hélas ! et souffre, et bat de l’aile ;
Elle voudrait planer dans l’océan du ciel,
Ange elle-même, suivre un ange Ithuriel,
S’enivrer d’infini, d’amour et de lumière,
Et remonter enfin à la cause première.
Mais, grand Dieu ! quelle main ouvrira sa prison,
Quelle main à son vol livrera l’horizon ?


Théophile Gautier

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème sélectionné au hasard.

Coloriage pour Adultes et Écriture Créative

Chaque semaine, recevez votre feuille d’activité à imprimer et de la musique relaxante. Un moment de détente aux nombreux bienfaits : réduction du stress, amélioration du sommeil, amélioration des facultés cérébrales et motrices.

Merci de me permettre de vous offrir plus de 16000 poèmes sans publicité et de la poésie sur YouTube !
Johann