Lors que lasse est de me lasser ma peine,
Amour, d'un bien mon mal refreschissant,
Flate au cœur mort ma playe languissant,
Nourrit mon mal, et luy faict prendre alaine.

Lors je conçoy quelque esperance vaine ;
Mais aussi tost ce dur tyran, s'il sent
Que mon espoir se renforce en croissant,
Pour l'estoufer, cent tourmans il m'ameine.

Encor tout frez : lors je me veois blasmant
D'avoir esté rebelle, à mon tourmant.
Vive le mal, ô Dieux, qui me dévore !

Vive à son gré mon tourmant rigoureux !
Ô bien heureux, et bien heureux encore,
Qui sans relasche est tousjours mal'heureux !


Étienne de La Boétie

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