Ma plus grand’ force estoit retraicte au cœur,
Et contre Amour faisoit plus de deffence,
Quand ce cruel, pour venger telle offence,
Feut par mes yeulx de ma vertu vainqueur.

Lors de ses traictz ne sentoy’ la rigueur,
Lors je n’avoy’ de son feu congnoissance,
Lors ne cuidoy’ que sa haulte puissance
Sur ma foiblesse eust aucune vigueur.

Mais, ô le fruict de ma belle entreprise !
Il a choisi pour gaing de ma victoire
Au plus hault ciel la beauté, qui me tue :

Là, fault chercher le bien que tant je prise,
Faisant à tous par mon malheur notoire
Que l’homme en vain contre Dieu s’evertue.

Joachim Du Bellay

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.