Me dois-je taire encore, Amour, quelle apparence ?
Jamais esprit ne fut forcé comme le mien :
Il faut ou dénouer ou rompre ce lien,
Et d'un dernier effort tenter ma délivrance.

Trop de discrétion nuit à mon espérance ;
Enfin je veux savoir ou mon mal ou mon bien,
Et quitter ce respect qui ne sert plus de rien
Que d'un sot exercice à ma persévérance.

Mon amour ne veut plus servir si lâchement,
Elle ôtera bientôt ce faible empêchement,
Rien plus ne me saurait obliger à me taire.

Philis se rit d'un mal qu'elle me voit celer,
Et me juge un enfant qui ne saurait rien faire,
Puisque comme un enfant je ne saurais parler.


Théophile de Viau

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