Par ce temps cher mon corps est consumé,
J'ai peu mangé, encore moins humé ;
Et si je suis d'être en ce monde las
La cause y est ; faim me tient en ses lacs ;
Souvent à Dieu l'ai dit et résumé.

Que l'on ait vu mon foyer enfumé
De gros tisons, serait mal présumé,
Je ne fais feu que de vieils échalas
Par ce temps cher.

Quand dîner veux, mon pot n'est écumé,
Mauprest me sert, qui n'a accoutumé
De souhaiter le relief des prélats.
Faute d'argent me fait crier, : " Hélas ! "
Piteusement d'estomac enrhumé,
Par ce temps cher.


Roger de Collerye

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