O prison doulce, où captif je demeure
Non par dedaing, force, ou inimitié,
Mais par les yeulx de ma doulce moitié
Qui m’y tiendra jusq’à tant que je meure.

O l’an heureux, le mois, le jour, et l’heure,
Que mon cœur fut avecq’elle allié !
O l’heureux nœu, par qui j’y fu’lié,
Bien que souvent je plain’, souspire, et pleure !

Tous prisonniers, vous etes en soucy,
Craignant la loy, et le juge severe
Moy plus heureux, je ne suis pas ainsi.

Mile doulx motz, doulcement exprimez,
Mil’doulx baisers, doulcement imprimez,
Sont les tormens où ma foy persevere.

Joachim du Bellay

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