O toy, à qui a été ottroyé
Voir cete flamme ardent, qui s’entretient
En l’estommac du Geant, qui soutient
Un mont de feu sur son doz foudroyé.

Et cetuy là, qui l’oyzeau dedié
Au Dieu vangeur, qui la foudre en main tient,
Paist d’un poumon, qui tousjours luy revient,
Au froid sommet de Caucase lié :

Je te supply’ imaginer encore
Ce qui mon cœur brusle, englace, et devore,
Sans me donner loysir de respirer.

Lors me diras, voyant ma peine telle,
Tu sera d’exemple, à qui ose aspirer
Trop hardiment à chose non mortelle.

Joachim Du Bellay

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