Ô vous, mauditz sonnetz, vous qui prinstes l'audace
De toucher à Madame ! ô malings et pervers,
Des Muses le reproche, et honte de mes vers !
Si je vous feis jamais, s'il fault que je me face

Ce tort de confesser vous tenir de ma race,
Lors, pour vous, les ruisseaux ne furent pas ouverts
D'Apollon le doré, des Muses aux yeulx verts ;
Mais vous receut naissants Tisiphone en leur place.

Si j'ay oncq quelque part à la posterité,
Je veulx que l'un et l'aultre en soit desherité.
Et si au feu vengeur dez or je ne vous donne,

C'est pour vous diffamer : vivez, chetifz, vivez ;
Vivez aux yeulx de tous, de tout honneur privez ;
Car c'est pour vous punir, qu'ores je vous pardonne.


Étienne de La Boétie

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème sélectionné au hasard.

Coloriages, Livres et Poésie à Imprimer. Tout est gratuit !

Utilisez les liens ci-dessous pour découvrir tous les produits gratuits que j'ai créés pour vous :

Merci de me permettre de vous offrir plus de 16000 poèmes, de la poésie sur YouTube et des activités de méditation créatrice !
Johann