Oeil éloigné du Jour, qui te recrée,
Comme, en l'obscur d'une nuée épaisse
Peux-tu tirer une si vive espèce
D'un corps, non corps, qui vainement se crée ?

Cœur martelé, quelle Éride est entrée
Dedans ton fort ? quelle pâle crainte est-ce,
Qui d'engendrer ta ruine te presse,
Et d'allaiter la fère de Matrée ?

Tourne avec moi, tourne avec moi, mon œil :
Le moindre rais de notre beau Soleil
Chassera l'ombre, et le ténébreux songe.

Courage, ô cœur, courage, où je te mène,
Un ris serein, un autre fils d'Alcmène,
Assommera la fère qui te ronge.


Pontus de Tyard

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Johann