Ores qu’en l’air le grand Dieu du tonnerre
Se rue au seing de son epouse amée,
Et que de fleurs la nature semée
A faict le ciel amoureux de la terre.

Or’que des ventz le gouverneur desserre
Le doux Zephire, et la forest armée
Voit par l’épaiz de sa neuve ramée
Maint libre oiseau, qui de tous coutez erre :

Je vois faisant un cry non entendu
Entre les fleurs du sang amoureux nées,
Pasle, dessoubz l’arbre pasle etendu :

Et de son fruict amer me repaissant,
Aux plus beaux jours de mes verdes années
Un triste hiver sen’en moy renaissant.

Joachim Du Bellay

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