Toi qui fleuris ce que tu touches,
Qui, dans les bois, aux vieilles souches
Rends la vigueur,
Le sourire à toutes les bouches,
La vie au cœur ;

Qui changes la boue en prairies,
Sèmes d’or et de pierreries
Tous les haillons,
Et jusqu’au seuil des boucheries
Mets des rayons !

Ô printemps, alors que tout aime,
Que s’embellit la tombe même,
Verte au dehors,
Fais naître un renouveau suprême
Au cœur des morts !

Qu’ils ne soient pas les seuls au monde
Pour qui tu restes inféconde,

Saison d’amour !
Mais fais germer dans leur poussière
L’espoir divin de la lumière
Et du retour !


René-François Sully Prudhomme

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