Non autrement qu'on voit d'une torche allumée
Par le vague de l'air se perdre la fumée,
Ainsi j'ai vu mes jours se perdre en un moment :
Mes tristes os vidés d'humeurs et de mouëlles,
Décharnés, et recuits au feu de mon tourment
Sont prêts d'être allumés comme sèches brindèles.

La violente ardeur de ma longue misère
Et les brûlants éclairs de ta juste colère
Comme l'herbe fauchée ont mon cœur desséché.
Le jeûne m'a la chair, et la force ravi.
La maigreur a mes os à l'écorce attaché :
Les pleurs ont épuisé les sources de ma vie.

L'Hôte des cois déserts de l'Egypte fumante
Etrangle ses petits, puis se deult, se tourmente,
Se tue, et de son sang les remet en vigueur ;
De même j'ai la vie à mon âme ravie,
Je lamente sa mort, et matté de langueur,
Je veux par mon trépas lui redonner la vie.

Comme un Hibou plaintif haineux de la lumière,
Je m'écarte, je fuis la maison coutumière,
Jamais le doux sommeil ne vient siller mes yeux.
Je ressemble à l'oiseau qu'on nomme solitaire,
Je vais cherchant retraite aux plus funestes lieux,
Je veux cacher mon mal, et si ne puis le taire.


Jean de La Ceppède

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