Quand elle vit à la Mort déployer
L'impiteux trait pour son voisin occire,
En permettant à la pitié d'élire
Siège en son cœur, se prit à larmoyer.

Et tant de traits, qu'Amour vint employer,
Pour me contraindre en infini martyre
Mourir toujours, n'ont jamais pu suffire,
Pour à pitié, tant soit peu, la ployer.

Bien mille morts, morts de moi qui l'adore,
N'ont eu pouvoir de l'émouvoir encore
A déluger par l'œil quelque tristesse.

Mais je sais bien, ô tard, qu'il adviendra,
Que mes travaux perdus elle plaindra,
Lors que mes morts par la mort prendront cesse.


Pontus de Tyard

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