Qui serait dans les Cieux, et baisserait sa vue
Sur le large pourpris de ce sec élément,
Il ne croirait de tout rien qu'un point seulement,
Un point encore caché du voile d'une nue.

Mais s'il contemple après cette courtine bleue,
Ce cercle de cristal, ce doré firmament,
Il juge que son tour est grand infiniment,
Et que cette grandeur nous est toute inconnue.

Ainsi de ce grand ciel, où l'amour m'a guidé,
De ce grand ciel d'Amour où mon œil est bandé,
Si je relâche un peu la pointe aiguë au reste,

Au reste des amours, je vois sous une nuit
Du monde d'Épicure en atomes réduit
Leur amour tout de terre, et le mien tout céleste.


Jean de Sponde

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