Quand la mort nous fera roides et sans haleine,
Squelettes tous les deux, l’un à l’autre pareils,
Et que, pour d’autres yeux, le penchant des soleils
Roulera des flots d’or sur la mouvante plaine ;

A l’heure où le berger sous son manteau de laine
Se dresse, morne et droit, sur les couchants vermeils,
La Nuit, nous apportant de fugitifs réveils,
Nous dira le secret dont la vie était pleine.

Nous apprendrons enfin quel Dieu charmait nos pleurs,
Et pourquoi, sous le faix d’inutiles douleurs,
Chemine vers son but l’humaine créature.

Mais jusque-là marchons et souffrons sans savoir
Rien, sinon que l’Amour est l’unique devoir,
Et, le front invaincu, chantons notre torture !


Armand Silvestre

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