Si nôtre cors est la prison de l'ame,
Ou elle fait quelque tems sa demeure :
Il faut apres, qu'elle en est hors, il meure,
Elle spirant toujours celeste flame.

La terre est doncq' le cercueil et la lame
Du cors, qui mort ensepulchré demeure,
En attendant l'incertaine-extreme heure
Du jugement, que Juppiter nous trame.

Le cors fragil, caduc et terrien,
Informe n'est, reduit en cendres, rien
Fors ne say qu'on ne voy ny ne peut prendre,

Mais l'ame au Ciel, son manoir precieus,
Laissant çà bas nôtre cors ocieus,
Tout immortelle, à son tour se va rendre.


Philibert Bugnyon

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