Le Sauveur était beau, dit la Sainte Ecriture ;
L’homme qu’il incarnait cachait en vain le Dieu.
C’est pourquoi les enfants au cœur plein de ciel bleu,
S’approchaient, attirés par sa claire figure.

Ainsi qu’au fond d’un bois se devine le feu
Par un rayonnement pâle en la nuit obscure,
Comme lui transparaît et se révèle un peu,
Sous le manteau du corps, l’âme éclatante et pure.

Mais pour voir la beauté resplendir dans autrui,
Pour s’éblouir le cœur à ce foyer qui luit,
Il faut avoir encor l’âme belle soi-même.

Et l’orgueil obscurcit nos yeux et, triomphants,
Nous nions, aveuglés de beau, le beau suprême !…
Ah ! que ne sommes-nous restés petits enfants !


Albert Lozeau

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