Le parfum d’un lys pur, l’éclat d’une auréole,
La dernière rumeur du jour,
La plainte d’un ami qui s’afflige et console,
L’adieu mystérieux de l’heure qui s’envole,
Le doux bruit d’un baiser d’amour,

L’écharpe aux sept couleurs que l’orage en la nue
Laisse, comme un trophée, au soleil triomphant,
L’accent inespéré d’une voix reconnue,
Le vœu le plus secret d’une vierge ingénue,
Le premier rêve d’un enfant,

Le chant d’un chœur lointain, le soupir qu’à l’aurore
Rendait le fabuleux Memnon,
Le murmure d’un son qui tremble et s’évapore…
Tout ce que la pensée a de plus doux encore,
Ô lyre ! est moins doux que son nom !

Prononce-le tout bas, ainsi qu’une prière,
Mais que dans tous nos chants il résonne à la fois !
Qu’il soit du temple obscur la secrète lumière !
Qu’il soit le mot sacré qu’au fond du sanctuaire
Redit toujours la même voix !

Ô mes amis ! avant qu’en paroles de flamme,
Ma muse, égarant son essor,
Ose aux noms profanés qu’un vain orgueil proclame,
Mêler ce chaste nom, que l’amour dans mon âme
A caché, comme un saint trésor,

Il faudra que le chant de mes hymnes fidèles
Soit comme un de ces chants qu’on écoute à genoux ;
Et que l’air soit ému de leurs voix solennelles,
Comme si, secouant ses invisibles ailes,
Un ange passait près de nous !

Victor Hugo

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