Sous un souffle apaisé quand rit la mer sereine,
Tout mon cœur s’enhardit, et pour l’humide plaine
La terre est oubliée : ô mer, je viens à toi !
Mais qu’un grand vent s’élève et réveille l’effroi,
Que l’écume du flot blanchisse et fasse rage,
Tout mon amour alors se reprend au rivage ;
Je ne veux que les bois, et l’ombre et les gazons :
Le pin, par un grand vent, rend encor de doux sons.
Pêcheur, que je te plains, dans ta nef pour demeure,
Chassant ta proie errante au péril de chaque heure !
À moi le bon sommeil sous un platane épais !
À moi les jours couchés au sein d’un antre frais,
Et la source au long bruit, qui, roulant sous la voûte,
Charme et ne peut troubler le pasteur qui l’écoute !

 

Charles-Augustin Sainte-Beuve

Découvrez Poésie Postale, votre abonnement mensuel pour recevoir des poèmes inédits et œuvres d'art originales par la poste, le tout dans une enveloppe scellée à la cire.

Gâtez-vous ou offrez de la poésie en cadeau !

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.