« Quand tu vas, balayant l’air de ta jupe large »
Baudelaire disait 
Dans des comparaisons superbes en surcharge 
Ainsi qu’il en faisait… 

On peut dire aujourd’hui ce que disait le Père,
Tout à fait à rebours,
Car les femmes ont adopté quelle manière,
Dieux ! d’orner leurs entours,

Les entours de leur corps infernal et céleste 
— J’entends leur vêtement — 
D’une main à baiser, oui ! mais de quel sot geste 
De vain retroussement !

Car l’ampleur de la robe et son envol et tout le 
Reste, grâces au vent,
Font penser l’homme, non intime, mais en foule
À ce qu’il a devant… 

Tandis que cette sorte absolument hideuse 
De montrer des mollets 
Insuffisants parfois serait la source affreuse 
De bien de vœux laids !

Vous accentuez trop, Mesdames, vos « tournures »,
Et j’en reste effrayé,
Car elles sont, hélas ! d’amples caricatures 
De ce dont on s’assié… 

Ou plutôt continuez, mais plus d’un infâme 
Retroussement moqueur. 
Retroussez, retroussez, retroussez jusqu’à l’âme,
Retroussez jusqu’au cœur.

Paul Verlaine

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