A Philippe Monnier.

Je te dédie, ô Mort, le suprême désir
De mon cœur dépouillé de la robe illusoire ;
Il mettra tout le feu qu'il avait au plaisir
A mériter ta grâce, à conquérir ta gloire.

Il est mûr pour ta gerbe ; il ne veut plus de vin :
De son trésor, il n'a conservé qu'une envie
De repos éternel et de néant divin,
Dégoûté, dès le seuil, de l'odeur de la vie.

Espoir, orgueil puissant, vous n'êtes que des mots
Dont le bruit vain séduit notre esprit qui s'engoue ;
Christ est las de la croix pesante de ses maux ;
Poussière, tu ne sers qu'à faire de la boue.

Ô Mort, mon cœur n'est plus qu'un squelette de cœur,
N'y cherche pas l'autel et l'écho des féeries ;
Le prêtre au chant pieux a déserté le chœur,
Le vent noir a flétri les pelouses fleuries.


Louis Duchosal

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