Sus, chaulx soupirs, allez à ce froid cœur,
Rompez ce glaz, qui ma poitrine enflamme :
Et vous, mes yeulx, deux tesmoings de ma flamme,
Faictes pluvoir une triste liqueur.

Allez pensers, flechir cete rigueur,
Engravez moy au marbre de cete ame :
Et vous, mes vers, criez devant Madame,
Mort, ou mercy soit fin de ma langueur.

Dictes comment ces tenailles d’yvoire
Pour animer l’immortel de sa gloire
Ont arraché mon esprit de sa place,

Et que mon cœur rien qu’elle ne respire.
O bien heureux qui void sa belle face !
O plus heureux qui pour elle soupire !

Joachim Du Bellay

Découvrez mes poèmes originaux grâce au service Poésie Postale, ou en me suivant sur sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Cliquez ci-dessous pour découvrir un poème au hasard.