Quand n’ayant même pas d’ami qui m’accompagne
Je m’enfonce pensif à travers la campagne,
Pour faire de mon cœur chanter l’intime voix,
Ainsi qu’un moissonneur couché sur une gerbe,
Un vieux tombeau, dormant avec sa vieille croix.

Autant le cimetière et tous ses mausolées
Me laissent froid devant leurs splendeurs désolées,
Autant je rends un culte à ces tombeaux perdus
Où mêlés à la paix de la nature austère,
Les silences puissants qu’un mort a sous la terre,
Avec les bruits humains ne sont pas confondus.

Je ne regarde pas s’il reste des sculptures
Où l’on puisse entrevoir d’anciennes aventures,
Si la mousse recouvre un nom celte ou latin ;
Si c’est un chevalier, un laboureur, un moine,
A qui le sort donna pour dernier patrimoine,
Dans le parfum des champs, cet abri clandestin.

Je pense simplement que meurtri de la route,
Ayant atteint le but que tout cherche et redoute,
Un voyageur lassé vint se loger ici,
Et sur la pierre assis, je me recueille et songe
Devant la croix de fer que la vétusté ronge.
Et tout un jour je rêve et je m’isole ainsi.


Armand Renaud

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