Tout ce, qu’icy la Nature environne,
Plus tost il naist, moins longuement il dure.
Le gay printemps s’enrichist de verdure,
Mais peu fleurist l’honneur de sa couronne.

L’ire du ciel facilement etonne
Les fruicts d’esté, qui craignent la froidure
Contre l’hiver ont l’ecorce plus dure
Les fruicts tardifs, ornement de l’automne.

De ton printemps les fleurettes seichées
Seront un jour de leur tige arrachées,
Non la vertu, l’esprit, et la raison.

A ces doulx fruicts en toy meurs devant l’aage
Ne faict l’esté, ny l’autonne dommage,
Ny la rigueur de la froide saison.

Joachim du Bellay

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