Un air, auquel le vent du soir donne des ailes,
Un air de violon ou de violoncelle

Passe rapidement, triste et profond, sur nous,
Comme un oiseau perdu venant on ne sait d’où.

Il ralentit parfois son vol, puis l’accélère,
Descend, monte, s’élance, atteint la lune claire.
Et redescend, plus faible à travers la rumeur,
Plane, remonte encore, et redescend, et meurt…

Qu’il ressemble à mon âme inégale et trop prompte,
Cet air de violon qui descend et qui monte !

 

Albert Lozeau

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