Vent doulx souflant, vent des vens souverain,
Qui voletant d’aeles bien empanées
Fais respirer de souëves halenées
Ta doulce Flore au visage serain,

Pren de mes mains ce vase, qui est plein
De mile fleurs avec’ l’Aurore nées,
Et mil’ encor’ à toy seul destinées,
Pour t’en couvrir et le front, et le seing.

Encependant, au thesor de ces rives
Je pilleray ces emeraudes vives,
Ces beaux rubiz, ces perles, et saphirs,

Pour mettre en l’or des tresses vagabondes,
Qui çà et là folastrent en leurs ondes,
Grosses du vent de tes plus doulx soupirs.

Joachim du Bellay

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