Vieille, qui prens de crainte nouriture,
De faulx rapport et de legere foy,
Pourquoy fais-tu, soudain que je te voy,
Geler mon feu d’une triste froidure ?

Si tu es donq’ à mes plaisirs si dure,
Pourquoy viens-tu loger avecques moy ?
Va te noyer en ce fleuve d’emoy,
Fleuve infernal, où le froid tousjours dure.

Au fond d’enfer va pleurer tes ennuiz,
Parmy l’obscur des eternelles nuitz :
Pourquoy te plaist d’Amour le beau sejour ?

Si la clerté les ombres épouante,
Ose-tu bien ô charongne puante !
Empoisonner le serain de mon jour !

Joachim du Bellay

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