Vous dont l'âme divine aspire aux choses saintes,
Et que le Ciel a fait l'objet de son amour,
Verserez-vous des pleurs, et ferez-vous des plaintes,
Quand pour l'amour de Dieu vous laisserez le jour ?

Les coupables esprits ont toujours mille craintes
Lorsqu'il leur faut quitter ce vicieux séjour,
Et leurs yeux criminels avecque des contraintes,
Approchent de l'éclat de la céleste cour.

Mais votre époux, qui sut parfaitement bien vivre,
S'est plu dans les assauts que le trépas nous livre :
Il est dedans le Ciel où vous irez aussi ;

Il est où vos pensers incessamment séjournent.
Pourquoi donc voulez-vous que ses esprits retournent ?
Ils sont plus avec vous que s'ils étaient ici.


Théophile de Viau

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