Parmi tous ces héros, demi-dieux de l’épée
Qui, dans le sang humain traçant leur épopée,
Sont venus jusqu’à nous, grandis et glorieux,
Apportés sur les bras des ancêtres pieux ;
Parmi tous ces Nemrods et tous ces Alexandres,
Qui prenaient les cités et les changeaient en cendres,
Qui foulaient l’homme aux pieds comme un pâle bétail,
Dont les chevaux avaient du sang jusqu’au poitrail,
Qui n’avaient pour désir, pour espoir et pour rêve
Que le glaive, toujours le glaive, encor le glaive ;
Parmi tous ces fléaux du Dieu vengeur ; parmi
Ces conquérants brutaux qui n’ont jamais dormi
Et qui toujours suivaient leur chemin fanatique,
C’est toi surtout que j’aime, ô roi mélancolique,
Qui, sur tes éléphants traversant le désert,
Attachais des colliers au sycomore vert,
Qui, te croyant divin, voulais charger de chaînes
Les flots noirs souriant à tes colères vaines ;
C’est toi, vêtu de pourpre et la couronne au front,
Levant les yeux au ciel dans un regard profond,
C’est toi, dont se souvient ma mémoire charmée,
O Xercès ! qui pleurais en comptant ton armée !


Maxime Du Camp

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